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Il reste une industrie de la micro-informatique en France
Interview de Stéphane Negre, INTEL


Interview : Stéphane Negre, INTEL
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Interview : Stéphane Negre, INTELStéphane Negre est Président d’Intel France en charge des activités de ventes, de marketing ou encore de l’activité traditionnelle de recherche et développement. Depuis près d’un an, Intel est, en effet, implanté en France avec une entité de R&D. L'occasion de faire le point sur la stratégie du fabricant, sa vision du marché, sa position sur les secteurs en pointe.


Y a-t-il une stratégie spécifique d’Intel pour la France ?

La stratégie d’Intel est d’amener toujours de l’innovation technologique sur le marché, c’est notre cœur de métier. Mais au travers de cette innovation technologique nous amenons surtout de nouveaux usages et de nouvelles situations d’usages. Nous apportons aujourd’hui la mobilité dans les produits et dans les usages là où elle n’était pas forcément existante, et avec toujours plus de performance ainsi qu’une meilleure consommation.
Nous sommes donc très proches des demandes que formulent les utilisateurs en termes de facilité d’utilisation, de nouveaux usages ou de confort.
En effet, les processeurs sont à la base des différents outils qui sont mis entre les mains des consommateurs. Pour anticiper ces besoins, il faut bien les comprendre alors nous observons beaucoup au sens le plus global.


Quelle évolution observez-vous sur le marché français ?


Le marché français s’est bien comporté en ce qui concerne les services innovants. Nous sommes passés à travers une crise importante qui a touché quasiment tous les secteurs industriels. L’industrie du numérique au sens large et surtout la partie adressant le consommateur grand public s’est très bien comportée. Nous avons continué à avoir de la croissance sur les développements de services, les utilisations de services numériques en France en 2009.
La crise profite surtout aux sociétés qui ont la forte capacité d’innovation. Il n’est, en effet, pas possible de sortir d’une crise avec les produits et les services d’avant la crise. Le consommateur devient plus éclairé, plus attentif. Il observe plus, il fait des choix peut-être moins fréquents mais plus judicieux. Et donc l’innovation est fréquemment la grande gagnante. En ce sens, chez Intel, nous nous voyons comme un leader, ce qui nous a permis de sortir de ce passage en position forte.


Quelles sont les tendances pour les processeurs ?


Nous faisons un effort important d’éducation vis-à-vis du consommateur sur la dénomination de nos processeurs. Donc la famille CORE, notre cœur de cible en terme technologique se décline en 3 sous familles les modèles Core i3, Core i5 et Core i7. Dès le premier produit de la famille, le Core I3, le meilleur de la technologie est présent. Tous sont des processeurs gravés en 32 nanomètres performants et économes en énergie.
De plus, nous allons très prochainement annoncer de nouveaux versions dans la gamme Xeon, dédiée aux serveurs avec l’arrivée des nouvelles technologies 32 nanomètres avec 6 cœurs ou 8 cœurs.


Reste-il une industrie française de l’informatique ?


Certes, il reste une industrie de la micro-informatique en France, et la seule possibilité de la pérenniser, c’est de toujours innover. Par exemple, la société Archos est reconnue sur le marché comme amenant une réelle différenciation. Ce n’est pas un fabricant de micro-informatique parmi d’autres, mais un fabricant très orienté vers de nouveaux produits avec une intégration des technologies récentes, de nouveaux packagings. Ils sont toujours un peu en avance de phase, voir les premiers à intégrer ainsi le modèle de tablette Archos 9 (basé sur un processeur Intel Atome) et lancé dès le mois d’octobre 2009. Alors que les poids lourds du secteur arrivent uniquement aujourd’hui sur le marché.
Il reste des acteurs français visibles même si ce ne sont pas les plus gros du marché et ils amènent une valeur ajoutée et des caractéristiques typiquement hexagonales. C’est vrai également sur le marché du serveur, avec Bull , qui n’est pas, et de loin, le plus gros acteur, mais dispose d’une offre très pertinente dans le domaine du calcul scientifique.


Comment animez-vous votre réseau de partenaires ?


Jusqu’à présent, nous avions une approche de notre réseau de revendeurs orientée autour des processeurs et privilégiant les intégrateurs de composants. Mais maintenant, nous avons une équipe dédiée qui accompagne les revendeurs de matériels comprenant nos solutions, qu’ils les intègrent ou pas. Pour Intel, c’est une révolution et pour tous les revendeurs, c’est un accès direct possible à un Intel.
Nous disposons d’un centre de support accessible 24h/24h avec une équipe dédiée et une multitude d’outils en ligne. Qu’il s’agisse d’études technologiques ou d’accompagnement sur les outils de vente.
Nous essayons, ainsi, de couvrir la plupart des besoins des revendeurs qui, de près ou de loin, vendent nos processeurs, même si ils ne les intègrent pas au niveau du composant.


Quelle est la position stratégique d’Intel vis-à-vis de la téléphonie et de la mobilité ?

Le segment de la mobilité reste difficile à définir car en constante évolution. Mais il bénéficie de toutes les innovations, il est en évolution permanente. Il y a encore quelque mois la différence entre un téléphone évolué et un petit pc était assez évidente. Nous les reconnaissions bien par leurs caractéristiques, leurs tailles, les claviers, les écrans ou les usages. Il n’existait pas de zone de recouvrement entre ce que nous faisions et espérions faire avec un téléphone (même un smartphone) et ce que nous attendions d’un PC. Cependant, les smartphones et le marché téléphonique évoluant vers le haut, demandant de plus en plus de performances, offrant toujours plus de fonctionnalités, évolue vers des produits de plus en plus complets avec des usages convergents.
Le PC standard que nous le connaissions existe toujours et reste très pertinent, et en croissance tout comme les notebooks. Cependant, le marché évolue et se segmente. Ainsi, nous avons vu apparaître les netbooks comme des petits notebook et toujours utilisés pour des applications de type PC.
D’un autre côté, la téléphonie évolue vers des produits plus gros, plus performants. Nous sommes dans une zone grise dans laquelle il est difficile de discerner les technologies téléphoniques et informatiques. Il y a vraiment une mixité.
Actuellement la définition de la mobilité est relativement élastique et Intel investit toujours plus pour développer les produits adaptés basés sur la famille de processeurs Atom avec une périphérie très spécifique pour être pertinente sur le marché de la téléphonie.


Comment pensez-vous ou souhaitez vous être perçus par les consommateurs ?


Nous souhaitons et nous espérons qu’Intel soit perçue comme une société de technologie amenant une innovation appréciée par les utilisateurs. Pendant longtemps, notre communication était basée sur la performance.
Le passage à la mobilité a changé les paramètres technologiques entre le besoin de performance et celui de portabilité ou de mobilité. Pour Intel, aujourd’hui, il est important de communiquer en associant l’évolution des usages et des objets numériques mis entre les mains des utilisateurs à une prouesse technologique venant des efforts d’innovation d’Intel.
Si nous arrivons à obtenir cette association d’idées entre les services numériques qui nécessitent de la technologie toujours en mouvement (les prochaines technologies étant meilleures que les précédentes) et l’apport nécessaire d’Intel, nous aurons la perception que nous souhaitons sur le marché.