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Le réveil des entreprises pour leur transition numérique, interview exclusive de Gérald Karsenti



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Karsenti Depuis le 1 novembre 2015, Gérald Karsenti dirige Hewlett Packard Enterprise en France. Attiré, depuis toujours par la « HP Way», cette forte culture maison écrite par les deux fondateurs (William Hewlett dit Bill et David Packard dit Dave), il porte aujourd’hui la bonne parole dans ce monde numérique en mutation. Reconnu comme l’un des 20 influenceurs français sur le réseau LinkedIn, il délivre une vision forte en particulier pour les jeunes générations. A travers cette interview exclusive, il détaille son approche et sa stratégie pour la firme qu’il dirige, et il nous propose également quelques pistes de réflexion pour mettre en œuvre la transition numérique dans les entreprises.

N’hésitez pas à regarder la vidéo de cette interview exclusive pour connaître l’intégralité des propos.

Comment se répartissent les activités d’ HP aujourd’hui, après la scission ?

Depuis le 1 novembre 2015, nous avons séparé la société HP en deux avec d’un côté HP Inc (incorporated) qui regoupe tout ce qui concerne les PC et les imprimantes. De l’autre côté, tout le reste des activités placées sous le nom Hewlett Packard Enterprise avec les serveurs, le stockage, les réseaux et l’ensemble des services et des logiciels. La taille devenait un handicap et dans une société économique qui se transforme à grande vitesse, il faut être agile. Au-delà des business model inhérents à ces activités diverses qui sont très différentes, l’objectif premier reste de donner une souplesse, une flexibilité à chaque entité.
Il est tout à fait possible d’être le leader économique en CA d’un secteur, sans pour cela êtres le vrai leader. Le vrai leader est celui qui impacte ce marché, soit par l’innovation, soit par des approches sociales ou organisationnelles. Le leadership existe aujourd’hui sous de nombreuses formes.


Comment analysez-vous la transformation numérique des entreprises françaises ?

Tout bouge très vite à l’instar de ce qui se passe dans notre monde économique globalisé. Les startups montrent la voie de l’innovation, qui peut être technologique ou dans l’amélioration des méthodes ou même prendre des visages et des directions nouvelles. Nous oublions cependant souvent d’évoquer la transformation digitale très rapide des PME-PMI, des grandes entreprises et de toutes les entités, qui constituent l’économie traditionnelle. Ainsi, nous aussi sommes tous sans doute un peu poussés par cette nouvelle économie comme le précise Maurice Lévy (Publicis) avec son slogan : « Tout le monde peut se faire ubériser ».

Est-il suffisant de mettre du digital dans les fonctions métiers existantes ?

C’est une remise en compte totale et il ne s’agit pas uniquement d’introduire des outils informatiques dans l’entreprise. Il faut repenser les fonctionnements, ré-inventer la façon de faire des affaires, de recruter et de gérer les talents, de construire des solutions, de mettre les produits sur le marché, de consommer. Cette révolution se traduit par des innovations organisationnelles et plusieurs modèles sont en cours de tests y compris dans le domaine social. Dès lors, Uber s’affirme comme un vrai déclencheur de réflexions, mais plus largement, tous les compartiments de l’entreprise voire de la société vont être bouleversés.

Quel est le rôle de Hewlett Packard Enterprise dans la transition numérique des entreprises ?

Notre approche reste quelque peu différente en proposant toutes les lignes de services y compris le conseil, pour structurer la réflexion en amont mais également en maitrisant la technologie. Ainsi, nous sommes à même d’aider les entreprises à construire une stratégie globale avec en plus la vision de ce qui est déjà dans les cartons concernant les technologies, qui arrivent sur le marché.
Cette approche n’est pas réservée aux grandes entreprises et, en France, nous réalisons 40% de notre CA dans les PME-PMI et c’est sur ce segment que nous nous ré-inventons. Par ailleurs, l’innovation se fait aussi souvent dans les petites structures traditionnelles et pas uniquement dans les startups. De plus le tissu économique hexagonal montre l’importance des régions.


Est-ce la technologie, qui guide les changements ?

Les changements auxquels nous assistons, en particulier avec l’émergence des plateformes de partage, sont devenus possibles car la technologie a considérablement évolué ces dernières années. Lors de la bulle internet des années 2000, la technologie ne suivait pas les changements culturels et la promesse était supérieure à la réalité, ce qui a favorisé l’éclatement de la bulle.
Aujourd’hui la technologie est en phase mais elle ne permet pas, à elle seule, de créer une vraie disruption. Il faut choisir la société que nous voulons construire pour demain, et bien évidemment nos dirigeants politiques ont un rôle considérable à jouer. Pour cela, il faut qu’ils comprennent mieux cette transformation digitale. Le digital reste un outil, un fantastique moyen.
Après différentes étapes d’évolution, l’humain se replace progressivement au centre de l’entreprise et au-delà, au centre de la société toute entière. Malgré les robots et l’intelligence artificielle, c’est l’humain qui reste le cœur.


Que proposez-vous pour les startups ?

Nous avons deux programmes pour aider les startups. Le premier concerne toutes les jeunes pousses, qui souhaitent se rapprocher de nous, nous leur offrons un certain nombre de services gratuits pour les aider à se développer. Il suffit d’adhérer. Avec le second, plus confidentiel, nous sélectionnons 20 à 30 startups par an que nous accompagnons. Elles peuvent ensuite, par exemple, tester toutes leurs applications informatiques dans nos centres informatiques. Elles accèdent à des formations gratuites mais surtout, elles bénéficient de notre réseau français et international de relations. Parmi les vraies questions qui se posent, celle de passer de startups à scaleups. Il s’agit de les aider à passer les seuils des 3 ans, des 7 ans pour se développer.
Je suis toujours enthousiasmé par les startups qui travaillent sur des ruptures technologiques, qui inventent de nouvelles façons de faire, qui n’acceptent pas les choses figées. Mais, d’un autre côté, Il ne faut pas oublier que le succès de toute entreprise, startups y compris, se base sur sa capacité à créer de la valeur.

Quels sont vos grands chantiers pour 2016 ?

En interne également, je cherche à insuffler un esprit « startups », en mettant en avant l’agilité et donc la capacité de s’adapter vite. Pour cela, chaque jeune pousse intégrant notre second niveau de suivi est coachée par un manager maison. C’est un double effet, qui confronte ces managers à un monde de disruption et les projette dans ce qui va connaitre une forte croissance. Tout est lié et comme nous souhaitons de la flexibilité alors les technologies Cloud émergent comme une évidence. Les données puis la sécurité mais également la mobilité deviennent également des secteurs critiques.
Enfin, nous sommes dans un monde de plus en plus connecté, les experts prédisent de 20 à 100 objets par individu à moyen terme et il faut les relier, les gérer, les sécuriser.


Quelle est votre vision du Cloud ?

Le but ultime du Cloud reste de fournir à une entreprise un catalogue de services. A terme, l’informatique se dirige vers l’usage et le paiement en fonction de la consommation réelle. En nous appuyant sur nos partenaires et en particulier les régionaux et locaux qui sont en contact direct avec les entreprises, nous aidons à construire les solutions et les usages. Nous progressons dans une logique d’offres intégrées comprenant certes de la technologie, des serveurs, du réseau, … et également des logiciels et du service. Mais, ne nous trompons pas car dès à présent les entreprises clientes ne voient pas tout cet aspect. Elles achètent uniquement un usage, un service.

Quels conseils donnez-vous aux chefs d’entreprise pour réussir leur transition numérique ?

Pour beaucoup d’entreprises déjà engagées, c’est la mission du « Chief Digital Officer » à condition de lui donner un périmètre d’action suffisamment large. Il doit, en effet, avoir une dimension business pour pourvoir transformer en valeur ajoutée.
En dehors de cela, le premier conseil concerne la sélection des profils, qui accompagnent la disruption digitale et qui doivent nécessairement être différents de ceux qui existent traditionnellement dans les entreprises. Ensuite, il faut bien comprendre et définir le modèle vers lequel se diriger, c’est essentiel dans toute transformation. Pour aller du point A au point B puis C, il demeure également important de préciser les étapes, les chemins souhaités et ceux à ne pas suivre.
Au-delà de ce travail de consultation, il faut très rapidement rencontrer des technologues pour savoir ce qui viable de ce qui ne l’est pas. Le but est bien sûr d’embarquer toute l’entreprise dans cette transformation et l’histoire montre que des étapes sont nécessaires.


Quel est le rôle de Hewlett Packard Enterprise dans ce contexte ?

Nous constatons en ce moment que le numérique transforme le monde comme, en leurs temps, l’imprimerie ou le chemin de fer. Cette vraie rupture amène un changement culturel et un changement de société avec, par exemple l’économie collaborative. Dans ce cas, au lieu de chercher la maximisation du profit à outrance, les entreprises utilisent toutes les ressources de leur écosystème et investissent dans ce tissu, qui le lui rend sous forme de services.
La technologie et donc Hewlett Packard Enterprise sont de très bons accompagnateurs de cette économie de partage et de collaboration. Les entreprises doivent se réinventer, et il faut remercier les startups et leurs fondateurs, qui les ont réveillées.